Anick Desnoyers
Quel est votre parcours de formation?
J’ai complété mon baccalauréat en droit en 1993 puis j’ai été reçue au Barreau de Québec en 1994. Très tôt, j’ai su que j’étais une personne orientée vers les ressources humaines. Le droit était pour moi une façon d’élargir mes possibilités.
Quel est votre poste à l’Université Laval?
Je suis conseillère en ressources humaines – Prévention des risques psychosociaux et conflits depuis mai 2023. Je fais partie de l’équipe de santé, sécurité et mieux-être du Vice-rectorat aux ressources humaines et aux finances (VRRHF).
Depuis combien de temps êtes-vous à l’Université Laval?
Je suis à l’emploi de l’Université Laval depuis mai 2008. J’ai passé la majorité de mes années de travail au VRRHF avec un passage de quatre ans à la Faculté de médecine avant de revenir au VRRHF en 2020, en pleine pandémie. Au total, cela représente dix-huit ans d’expérience au sein de l’institution.
Qu’est-ce qui vous a attiré à l’Université Laval?
Après mes études, j’ai d’abord travaillé comme représentante pharmaceutique. Par la suite, j’ai évolué dans le réseau de la santé, où j'ai été entre autres responsable de la formation des cadres et conseillère en relations de travail. Bien que ce milieu ait été très formateur professionnellement, il était très exigeant émotionnellement, notamment en raison de la proximité avec des personnes âgées en fin de vie.
C’est à ce moment que j’ai ressenti le besoin de changer d’environnement. L’Université Laval représentait pour moi un milieu axé sur le savoir, l’innovation, les jeunes et le dynamisme. J’y suis arrivée à l’origine pour un remplacement de congé de maternité… et je n’en suis jamais repartie.
Qu’est-ce qui vous a amenée à occuper un poste dédié à la santé mentale et au mieux-être au travail?
C’est avant tout la volonté de contribuer au mieux-être des employés. Dans le contexte actuel, les personnes vivent beaucoup de pression et de défis. Pour moi, mettre en place des actions qui ont du sens pour les membres du personnel et qui leur permettent d’être bien au travail est devenu un véritable moteur professionnel. C’est ce qui me donne envie de me lever le matin.
Concrètement, à quoi ressemble une journée typique dans votre poste?
J'apprécie les journées dynamiques, où les idées circulent et où les projets évoluent. Mon rôle dans l’équipe de santé, sécurité et mieux-être me permet justement de travailler sur des projets variés, par exemple, la Semaine de la santé mentale qui a lieu cette année du 4 au 8 mai.
J’aime organiser, collaborer et travailler sur des projets concrets. Je ne me vois pas uniquement dans la rédaction ou l’analyse. J’ai besoin de terrain, de contacts humains et d’échanges. Chaque journée est donc différente, entre coordination de projets, rencontres et interactions avec les personnes de mon milieu de travail.
Dans le cadre de votre travail, quel projet vous rend la plus fière?
La Semaine de la santé mentale sans aucun doute. C’est un projet phare que je coordonne de A à Z depuis deux ans. Je développe les idées et je travaille avec des collègues de mon équipe afin d'offrir une programmation de qualité.
Ce que j’aime particulièrement, c’est de partir d’une idée et d’en voir le résultat concret: la participation, les commentaires et l’impact réel sur les employés.
Voir la grande participation du personnel aux différentes activités est extrêmement motivant car on a l’impression que l’on répond à un besoin.
Ce projet est important pour moi, car il reflète une cohérence entre le discours et les actions: encourager les membres du personnel à prendre soin d’eux pendant leurs heures de travail. C’est une façon concrète de démontrer l’engagement de l’organisation envers le bien-être.
Selon vous, quelles qualités sont essentielles pour ce poste?
Ce poste comporte deux volets. Un volet plus global, lié aux obligations légales, aux sondages et aux projets organisationnels, et un volet terrain, qui comprend entre autres la facilitation lors de conflits et les diagnostics de climat de travail.
Dans ce rôle, il est essentiel de connaître les lois et de rester à jour. Mais sur le terrain, les qualités les plus importantes sont la neutralité, l’objectivité et la capacité de ne pas juger trop rapidement. Il faut comprendre les différentes réalités des personnes impliquées et être en mesure de les accompagner vers une solution commune.
L’écoute et l’empathie sont également fondamentales. Il faut être capable de faire abstraction de ses biais personnels et de rester centré sur l’aide à apporter. L’objectif est d’accompagner les personnes pour trouver des solutions, sans jugement.
Si vous pouviez vous parler au début de votre carrière, quel conseil vous donneriez-vous?
Je me dirais avant tout de me faire confiance. J’ai toujours été guidée par un fort sens de la justice et des valeurs.
Avec le recul, je me dirais aussi de ne pas tout prendre sur mes épaules. J’ai souvent voulu en faire beaucoup, parfois trop, au point de m’épuiser. En 2015, j’ai d’ailleurs vécu un épuisement professionnel qui m’a forcée à prendre du recul et à revoir mes priorités.
Aujourd’hui, je comprends mieux l’importance de se préserver. Je dirais à la version plus jeune de moi de garder sa sensibilité, car elle est une force, mais de veiller à ne pas se brûler à trop vouloir en faire. Selon ma façon de voir les choses, mettre ses limites est essentielle pour garder une bonne santé mentale.