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Quel est votre parcours?

Ça fait une dizaine d’années que je travaille en sécurité. J’ai commencé avec des contrats par-ci par-là, avant de travailler quelques années comme agent de sécurité dans un hôpital. C’était un milieu exigeant, mais très valorisant : je sentais que j’apportais quelque chose de concret. 

À un moment, je me suis questionné pour la suite. Après m’être cherché un peu, j’ai décidé de retourner au cégep pour compléter une AEC en sûreté industrielle et commerciale. C’est ce qui m’a permis de faire le saut à l’Université Laval, où je travaille depuis près de cinq ans au Service de sécurité et de prévention.
 

Quel est votre poste et depuis combien de temps êtes-vous à l’Université Laval?

À mon arrivée, j’étais attitré à la sécurité des résidences étudiantes pendant près de quatre ans et demi. C’était un rôle très axé sur la vie communautaire, au contact d’une clientèle étudiante provenant de plus de 80 nationalités. 

Le fait d’être assigné au même secteur me permettait de créer une relation de confiance avec les étudiants, ce qui facilitait beaucoup mes interventions.

Aujourd’hui, je m’occupe de la sécurité sur l’ensemble du campus. C’est un rôle plus varié, qui me place directement au cœur de la vie universitaire.
 

Qu'est-ce qui vous a amené à travailler en sécurité et prévention?

Ce n’est pas un métier que j’envisageais au départ. J’ai exploré plusieurs domaines : la construction, les télécommunications, même la vente par téléphone.

Mais avec le recul, c’est toujours le travail d’agent de sécurité qui revenait. C’est là que je me sentais le plus utile… et le plus à ma place.

Y a-t-il un moment de la journée que vous préférez particulièrement dans votre milieu de travail?

J’aime particulièrement le début de mon quart de travail. Comme on travaille sur des quarts de 12 heures, c’est un moment clé pour prendre connaissance de la situation et planifier la journée.

J’ai aussi une belle latitude dans l’organisation de mon travail. Je peux adapter mes priorités… et même tenir compte de la météo. Par exemple, faire ma ronde à vélo le matin s’il annonce de la pluie plus tard.

Et puis, il y a le contact avec les étudiants. Les échanges sont souvent spontanés, parfois inattendus, et ça permet de créer un lien de confiance. L’Université, c’est un milieu qui bouge — et c’est stimulant d’en faire partie.

Concrètement, à quoi ressemble une journée typique dans votre poste?

Il n’y a pas vraiment de journée type, et c’est ce que j’aime.

Il y a bien sûr les tâches régulières : les rondes, l’inspection du véhicule, la fermeture des portes. Mais il y a aussi tout le reste : une alarme incendie, une intervention en premiers soins, un vol, une situation à sécuriser ou un événement à encadrer.

Chaque intervention amène un défi différent. Ça garde le travail vivant.

Quelle partie de votre travail vous rend le plus fier?

Aider les gens, tout simplement.

Je suis souvent le premier intervenant. Mon rôle, au-delà d’assurer la sécurité, c’est aussi d’écouter, de rassurer et de rediriger vers la bonne ressource. Le fait que quelqu’un me fasse suffisamment confiance pour me demander de l’aide, c’est très significatif.

Je me souviens aussi d’une intervention lors d’une fête où j’ai dû expulser un étudiant. Sur le moment, ce n’était pas simple. Mais il est revenu me voir plus tard pour s’excuser et me dire que j’avais bien effectué mon travail.

Ce genre de moment, ça reste.

Y a-t-il une réalisation ou un projet dont vous vous souvenez particulièrement?

Être chef d’équipe lors d’événements est un défi que j’aime relever.

Il faut gérer plusieurs choses en même temps : assurer la sécurité, coordonner les collègues, s’adapter aux imprévus. Parfois, ça implique aussi de faire intervenir les services d’urgence.

C’est exigeant, mais très formateur. On apprend énormément dans ces situations.

Selon vous, quelles qualités sont essentielles pour être un bon agent de sécurité et prévention? 

La patience et le sang-froid sont essentiels. Certaines situations peuvent être tendues, et il faut garder le contrôle.

Il faut aussi savoir gérer son stress et faire preuve de jugement, même dans l’urgence.

La bienveillance est tout aussi importante : elle permet de créer un climat de confiance et d’intervenir de façon rassurante.

Une bonne condition physique est aussi importante. Dans mon cas, je m’entraîne régulièrement : je vais au gym, je pratique la boxe et je joue dans une équipe d’Ultimate frisbee. Ça m’aide à rester prêt à intervenir efficacement, peu importe la situation.

Si vous pouviez vous parler à vous-même au début de votre carrière, quel conseil vous donneriez-vous et qu’avez-vous appris?

Je me dirais de saisir plus tôt les occasions de prendre des responsabilités, notamment comme chef d’équipe.

Ce métier m’a aussi appris à sortir de ma zone de confort. Je ne suis pas quelqu’un de très extraverti, mais j’ai appris à aller vers les gens. J’aime beaucoup la musique et jouer de la batterie m’a montré qu’on n’a pas besoin d’être le plus bavard pour entrer en relation avec les autres.

Aujourd’hui, c’est une partie du travail que j’apprécie particulièrement. Que ce soit pour une intervention ou un échange plus spontané, ces moments-là font toute la différence.