Elisabeth Lalonde
Comment une passion pour les plantes vous a-t-elle menée jusqu’aux serres de recherche?
Je pense que l’amour des plantes fait partie de mon ADN! Même si j’étais plus attirée par les arts que par les sciences à l’école, ma curiosité et ma passion du végétal ont fini par me rattraper. Après avoir traversé le Canada pour travailler dans des vergers en Colombie-Britannique, j’ai entrepris des études en technologie de la production horticole agroenvironnementale à l’ITAQ de Saint-Hyacinthe. Au fil des années, mon parcours m’a menée en horticulture, en foresterie et en production serricole pharmaceutique, où j’ai passé plus de 20 ans à développer mon expertise. Comme j’aime apprendre et relever de nouveaux défis, je me suis aussi spécialisée dans le contrôle environnemental des serres, les technologies de production et l’accompagnement des équipes. Aujourd’hui encore, quand j’entre dans une serre, j’aime dire à la blague que je sais tout de suite si les plantes sont heureuses ou stressées!
Qu’est-ce qui vous a attirée vers la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation (FSAA)?
Après plus de 30 ans de carrière et plus de 20 ans au sein de la même organisation, j’avais envie d’un nouveau défi axé sur le partage et la transmission. Lorsque je me suis jointe à la FSAA il y a trois ans comme technicienne de travaux d’enseignement et de recherche, l’environnement m’était déjà familier puisque je collaborais depuis près d’une décennie avec plusieurs équipes de recherche de la faculté. Aujourd’hui, je mets à profit une expérience acquise à travers une foule de rôles sur le terrain, comme contremaître, professionnelle de recherche, coordonnatrice et gestionnaire de production. Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la diversité: soutenir les projets de recherche, accompagner les étudiants, former les nouveaux utilisateurs et contribuer à un environnement où l’innovation, l’enseignement et la passion du végétal se côtoient chaque jour.
Qu’est-ce qui vous fait sourire dès que vous arrivez au travail?
Ce qui m’anime avant tout, c’est le contact direct avec le végétal et le plaisir de contribuer aux projets d’enseignement et de recherche. Mon moment préféré de la journée reste sans aucun doute ma tournée des serres. J’en profite pour observer les cultures, prendre le pouls des installations et, surtout, échanger avec les personnes étudiantes et les personnes professionnelles de recherche. J’adore comprendre leurs projets, découvrir les défis qu’elles rencontrent et chercher avec elles des solutions concrètes. J’aime jouer ce rôle de personne-ressource, un peu comme un chef d’orchestre qui relie les besoins, les idées et les expertises. Chaque journée apporte son lot de surprises, et c’est précisément cette variété, combinée au plaisir de partager mes connaissances, qui me motive au quotidien.
Existe-t-il vraiment une semaine typique dans votre travail?
Pas du tout, et c’est probablement ce qui me plaît le plus! Les journées se suivent, mais ne se ressemblent jamais. Mon premier réflexe en arrivant est toujours d’aller faire un tour dans les serres. J’aime voir comment vont les plantes, mais aussi croiser les étudiantes et étudiants ainsi que les équipes de recherche. C’est souvent pendant ces tournées que je découvre un nouveau défi à relever ou une solution à trouver. Je me décris un peu comme une détective du végétal: un bruit inhabituel, une plante qui semble moins en forme ou un petit insecte qui apparaît là où il ne devrait pas être, et ma curiosité s’active immédiatement! J’adore comprendre ce qui se passe, aider les gens et trouver des solutions concrètes. Au fond, mes semaines sont faites d’observation, de rencontres, d’imprévus et de beaucoup de collaboration. C’est ce mélange entre le vivant, la technologie et l’humain qui rend chaque journée aussi stimulante.
Qu’est-ce qui vous rend la plus fière dans votre travail?
Ce qui me tient le plus à cœur, c’est de contribuer concrètement à l’amélioration de notre milieu. J’aime trouver des façons ingénieuses d’optimiser nos espaces, nos équipements et nos façons de faire pour simplifier le quotidien des étudiantes et étudiants, des chercheurs et chercheuses ainsi que le quotidien de mes collègues. Je suis particulièrement fière du travail réalisé pour l’accueil des nouvelles personnes étudiantes et employées, ainsi que du développement de capsules de formation qui rendent l’information plus accessible. Après plus de 30 ans dans le domaine, j’ai aussi la chance de pouvoir mettre mon réseau professionnel au service de la communauté de la FSAA. Créer des liens, partager des ressources et voir des projets prendre forme grâce à ces collaborations, c’est extrêmement gratifiant pour moi.
Quelles qualités faut-il cultiver pour réussir dans votre métier?
Pour moi, tout repose sur trois ingrédients essentiels: l’observation, l’écoute et la bienveillance. Les plantes ne parlent pas, alors il faut apprendre à repérer les petits signes qu’elles nous envoient et intervenir avant qu’un problème ne s’installe. Mais il faut être tout aussi attentif aux personnes qui nous entourent. La communauté étudiante, le corps professoral et les équipes de recherche arrivent chacun avec leurs besoins, leurs défis et leurs réalités. J’aime prendre le temps de comprendre leurs enjeux afin de mieux les accompagner. Les connaissances techniques s’acquièrent avec l’expérience, mais la capacité d’écouter, d’être vigilant et de travailler avec bienveillance fait toute la différence lorsqu’on est là avant tout pour soutenir les autres.
Quel conseil donneriez-vous à la jeune Elisabeth qui débute sa carrière?
Je lui dirais d’abord de croire en elle et de persévérer. J’ai appris qu’en donnant le meilleur de soi-même, à la hauteur de ses capacités, on développe une grande fierté du travail accompli, et cette fierté devient un moteur extraordinaire. Je lui rappellerais aussi de rester curieuse, de continuer à apprendre et, surtout, de choisir une voie qui la passionne réellement. Quand on aime ce qu’on fait, il est beaucoup plus facile de traverser les défis et de conserver son enthousiasme au fil des années. Finalement, je lui dirais de toujours traiter les autres comme elle aimerait être traitée. Pour moi, le respect, la bienveillance et l’authenticité sont des valeurs qui ouvrent bien des portes, autant dans la vie que dans le travail.
Qu’est-ce qui rend votre environnement de travail si unique?
Les serres, sans hésiter! C’est un univers à part entière et un endroit où je me sens vraiment privilégiée de travailler. Imaginez: du vert, de la lumière et de la chaleur tous les jours, même en plein hiver! J’y côtoie le vivant en permanence, entourée de plantes, de fleurs et d’une multitude de projets fascinants. Mais ce qui rend l’expérience encore plus spéciale, ce sont les gens. Je travaille avec des personnes passionnées, curieuses et incroyablement engagées. Ensemble, on compose chaque jour avec les défis que nous lance mère Nature, et c’est ce qui rend le travail aussi stimulant. Pour moi, les serres sont bien plus qu’un lieu de travail : c’est un environnement inspirant où l’on apprend, où l’on collabore et où l’on voit concrètement le vivant grandir sous nos yeux.
Qu’est-ce que toutes ces années passées avec le vivant vous ont appris sur vous-même?
Travailler avec le vivant m’a appris que mon sens de l’observation est l’une de mes plus grandes forces. Avec les plantes, chaque détail compte: il faut apprendre à voir, à analyser et à comprendre ce dont elles ont besoin pour s’épanouir. Cette façon de travailler m’a donné le goût du travail bien fait, mais aussi une profonde appréciation pour la beauté d’une plante en santé.
La recherche m’a également enseigné la résilience. Les choses se déroulent rarement exactement comme prévu, et il faut souvent ajuster le tir, recommencer ou explorer une nouvelle avenue. J’ai découvert que j’avais une grande capacité d’adaptation et que j’aimais relever des défis. Au fil du temps, j’ai aussi réalisé que la rigueur et la créativité vont très bien ensemble: l’une permet de bâtir des bases solides, tandis que l’autre aide à trouver des solutions nouvelles à des problèmes complexes. C’est probablement l’une des plus belles leçons de mon parcours.
Des parcours à découvrir
Faites connaissance avec des membres de notre communauté et découvrez, à travers leur parcours et leur expérience, la diversité des métiers, des expertises et des réalités professionnelles à l’Université Laval.